Et puis tu as croisé ma route

Il y a 8 ans j’ai 17 ans, je n’ai peur de rien et encore moins d’exprimer mon avis. Les femmes sont égales aux hommes et on me charie beaucoup sur mon engagement. J’ai  mon petit caractère. Je sors, j’ai des amis. Je ris. Je fais des études qui me plaisent et je m’y éclate ! Je suis à l’internat, je rêve d’indépendance… Bref j’ai 17 ans.

Et puis je t’ai rencontré.
Tu as changé ma vie
Peu être pas comme je l’aurai imaginé…
Nous étions au lycée, le garçon idéal à mes yeux de l’époque, doux, gentil, un peu timide, très attachant… peu être trop.
Tu es est grand, des grands yeux bleu, tu me fait rire, tu me rassure aussi…

Tout va plutôt vite. Premier bisous peu de temps après notre rencontre. Tu me couvres de cadeaux. Nous passons beaucoup de temps ensemble. L’internat, ça aide !

Nous sommes dans une filière professionnelle, toi dans la classe supérieure. Je pars en stage pour un mois.
Une lettre par semaine, c’est romantique j’adore ! J’ai tout juste 17 ans et ça me fait vraiment rêver tout ça. Je rentre et on passe toujours plus de temps ensemble. Les week end se passe dans ta famille. Je vois un peu moins la mienne. Je me sent bien. J’ai l’impression d’être épanouie ! Je déplacerai dès montagnes pour toi.
Nous passons nos premières vacances ensembles, dans ta famille. Tu viens peu voir la mienne. Tu t’y ennuis. Je me résigne
Et puis c’est la rentrée, l’internat c’était pas fait pour toi alors finalement tu emménage chez l’habitant. Un joli studio dans le fond du jardin de personnes âgées. Ce petit chalet, c’est un havre de paix. C’est en tout cas ce que j’ai l’impression de ressentir. Nous voyons tes amis, souvent. Toujours ta famille.
Je ne reste plus à l’internat le soir, je te rejoins. Je me sent indépendante. Je le crois.

Un an et demi passe et Je rêve de notre appartement ! Je trouve l’endroit parfait ! On le meuble, on « partage » les frais. On vis ensemble. Enfin !

Je ne sors plus avec mes amis, je fais tout pour te plaire. J’ai tellement peur d’être seule sans toi, que tu m’abandonnes. Je m’adapte à tout, je change de style, ne me lisse plus les cheveux, tu n’aimes pas trop ça… je me maquille moins, différemment, je faisais « pute » avant… je change de fréquentation, ces filles c’est quand même pas le top après tout… et puis celles qui boivent de l’alcool c’est bien pire… alors je n’en bois plus ou très peu. Je ne veux pas te perdre. Je fais attention à ma façon de parler c’est vrai que tu me reprends souvent. J’ai tendance à me mettre trop en avant tu as raison.
Je m’efface derrière toi. Je t’admire. Ma vie tourne autour de toi. Tu es le garçon qui fais rire la galerie en soirée, celui qu’on regarde. J’étais comme ça aussi, et puis maintenant il y a toi.

J’ai peur en voiture. Un ami perdu juste avant que l’on se rencontre. Ça t’amuse assez cette peur. D’ailleurs tu en joues parfois. Lorsque l’on se fâche un peu plus fort que d’habitude tu pars. Sans moi. À toutes vitesses dans cette voiture qui, tu me l’as dit un jour te tueras.

Tu es le garçon parfait aux yeux de tous. Aux miens aussi.

Un soir, une dispute de plus, je ne veux pas que tu prennes cette voiture. J’ai peur et je m’interpose entre toi et cette porte d’entrée.
Le geste qui suivra aurait dû être le premier et le dernier. Ce ne sera pas le cas.
J’aurai un bleu sur le tibia pendant 3 semaines. J’aurai si mal sur le coup que je tomberais dans ce couloir, me faisant mal au poignet, mon outil de travail.

Tu n’a pas fait exprès, c’était sur le coup de la colère et tu t’excuseras en me disant que « quand même je n’avais qu’à pas m’interposer. » C’est vrai, tu as raison.

Ce jour s’efface, ce n’étais qu’une simple dispute après tout.
Les mois passe, je te sens distant. Je ne comprend pas parce que je fais tout pour te plaire. J’ai peur. J’ai continué mes études ici, pour toi. Pour ne pas te perdre.
Je découvert à chaque pause que tu es très proche de cette fille. Une amie. Très bien, j’ai un mauvais pressentiment mais après tout j’ai confiance.

Ma confiance disparaît, je vois que cette fille te plaît. Je vois les regards gênés de tes amis quand je demande si ils voient quelques choses. Je deviens très jalouse. Mais je ne dis rien. Je pleure. Je suis trop jalouse, je t’etouffe, c’est toi qui me Le dit, tu as certainement raison.

Tes gestes reviennent par moment. Tu me lance sur une chaise. Mais comme me dit un jour ta mère « tu l’avais peu être mérité » j’acquiesse, je ne comprends pas.

Je ne sais pas si c’est normal. Je me sent vide. Je n’ai plus ou presque d’amis. Un garçon de ma classe me dit même que je vis comme une femme de 35 ans. J’en ai 20. Je ne sors plus du tout, refuse toutes les sorties d’ailleurs on fini par ne plus m’inviter cela dit. Je rentre direct à l’appart en sortant des cours.

Tu ne fais plus aucun efforts pour moi. Ne te gêne pas pour me réprimander ou me rabaisser devant les autres.

Tout ce cauchemar a fini par se terminer. Le jour où j’ai réalisé que je n’étais qu’un trophée à montrer. Que cette fille comptais plus.
Le jour où j’ai réalisé que je plaisait à d’autre hommes et que je ne serai plus seule si je partait. Le jour où j’ai réalisé que ce que l’on vivais depuis presque 3 ans et demi n’étais pas normal.

Le jour où tu m’a quitté car je souhaitais une pause et que c’était trop pour toi.
Tu a essayé de me culpabiliser Tu as essayé la violence, les insultes, la pressions, les assiettes de nourriture dans le visage, forcer la porte de la salle de bain pour venir me lancer mon portable au visage parce que tu pensais, tu imaginais que je te trompais. Je n’étais qu’une salope après tout. Ce sont tes mots et ils raisonnent encore.
Tu te pavanait la journée, comme si tout allais bien dans ta vie et le soir Quand je rentrait, tu pleurais que tu étais désolé mais je savais que tu recommencerai…

J’ai tenu, je ne sais plus combien de temps exactement avant de partir de cet appartement.
Mais il fallait que je parte. Si les choses s’était terminé la, cela aurait été bien trop beau. Tu as fait l’ex désolé de long mois, me portant des fleurs que j’adorais. J’ai culpabilisé. Et puis j’ai essayé d’avancer…

J’ai maintenant 25 ans, un compagnon merveilleux, pas parfait mais qui l’es ?

Tu as irrémédiablement changé ma vie. Tu m’a pris ces années. je te les ai offerte. Lorsque nous nous sommes séparés, j’ai perdu énormément des personnes que je pensais être des amis. Toutes ces personnes ont cru ton histoire, pas la mienne. C’était impossible. Comment toi, si parfait, pouvais m’avoir fait ça. Je devais l’avoir cherché (oui je l’ai entendu)

Je ne blâmerai pas ceux qui ont fermés les yeux, j’ai moi aussi, essayé de me voiler la face et certaines personnes de mon entourage découvrirons peu être les choses ici. J’ai eu honte. Comme beaucoup j’ai cru y être pour quelques choses.

Avec les années, la patience sans faille de mon compagnon. La présence du peu d’amis qui m’ont cru j’ai avancé. Mais rien n’est encore terminé…

Mais je ne remercierai jamais assez ces personnes qui sont restés. Surtout une, qui quoiqu’il se passe m’a toujours soutenue. Je sais qu’en lisant ces mots elle se reconnaîtra ! Merci à toi, d’être la dans chaques tempêtes mais aussi d’être chaque rayon de soleil.

 

 

 

 

17 commentaires sur “Et puis tu as croisé ma route

  1. Alors oui, je suis complètement d’accord avec ma cop’s, tu as eu raison de publier cet article. Il fait froid dans le dos c’est vrai, mais tu es là, vivante et heureuse. Et qui sait ? Il va peut être aider une jeune fille qui vit CA. Bravo pour ton courage, celui d’aujourd’hui et celui d’hier… Je t’embrasse…

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  2. C’est courageux de ta part de publier ce témoignage, la « violence ordinaire », le rabaissement, l’oubli de soi…Je crois que c’est plus courant qu’on ne l’imagine, on n’en parle pas ou on ne parle des excès extrêmes, mais il y a toutes ces situations sourdes comme ce que tu as vécu, et que tu as eu la force de fuir…Ton courage pourra certainement aider d’autres filles comme toi!

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  3. Un billet très courageux qui devrait aider plein de femmes (jeunes ou moins jeunes) car la situation est finalement bien plus banale qu’on ne le pense ! Il est important d’en parler car tout cela est souvent minimisé voire tu…

    Bravo à toi

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  4. J’ai eu les larmes aux yeux en lisant ton histoire. Je rejoins les filles plus haut tu as eu raison de le publier car ça aidera d’autres jeunes (ou moins jeunes) filles qui passent sur ton blog et qui auront malheureusement vécut cela également. Tu es très courageuse de l’avoir fait.

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  5. Au départ je me suis dis qu’elle belle déclaration d’amour et puis … et puis du dégoût , de la colère et de la tristesse que tu es pu considère cela comme normal , personne n’a le droit d’être traité de la sorte . C’est très courageux d’avoir écrit .

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